Facturation électronique : comment se préparer
La facturation électronique arrive progressivement en France… et contrairement à ce que beaucoup pensent encore, cette réforme concerne quasiment toutes les entreprises.
Lors de notre dernière matinale du Pévèle Business Club, Frédéric Seillé, expert comptable chez Reliance Gestion, nous a présenté les grands enjeux de cette évolution majeure, accompagné de Marie Lelieu, CEO de Terres d’entrepreneurs, venue apporter des précisions très concrètes sur les obligations des entrepreneurs.
L’objectif de cette réforme est clair : moderniser les échanges entre entreprises, simplifier certaines démarches administratives et lutter contre la fraude à la TVA. Mais derrière ces objectifs se cachent aussi de nouvelles obligations qu’il vaut mieux comprendre dès aujourd’hui.
Pourquoi cette réforme ?
La réforme de la facturation électronique répond à plusieurs objectifs définis par l’État :
- Réduire la fraude à la TVA
- Simplifier les déclarations fiscales
- Automatiser les échanges administratifs
- Améliorer le suivi économique des entreprises
Selon la présentation de Frédéric Seillé, cette transformation représente un changement profond dans la gestion comptable des entreprises françaises. :contentReference[oaicite:0]{index=0}
Qui est concerné ?
La réponse est simple : presque tout le monde.
Toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France sont concernées :
- SAS, SARL, SA
- TPE et PME
- Professions libérales
- Artisans et commerçants
- SCI, LMNP, LMP
- Micro-entreprises
Même certaines structures exonérées de TVA devront être capables de recevoir des factures électroniques.
Les dates à retenir
Le calendrier de mise en place se fera progressivement :
- Juillet 2025 : ouverture des inscriptions dans l’annuaire centralisé
- 1er septembre 2026 : obligation de réception pour toutes les entreprises et émission obligatoire pour les grandes entreprises et ETI
- 1er septembre 2027 : obligation d’émission pour les PME, TPE et micro-entreprises
Autrement dit : même les petites entreprises devront s’y préparer rapidement.
Attention : un PDF envoyé par mail ne sera plus suffisant
C’est probablement le point qui a le plus surpris les participants de la matinale.
Une facture électronique conforme ne sera pas simplement un PDF transmis par email. La réforme impose un format structuré capable d’être lu automatiquement par les plateformes et l’administration fiscale.
Les entreprises devront passer par une Plateforme Agréée pour :
- émettre leurs factures,
- recevoir leurs factures,
- transmettre certaines données à l’administration fiscale.
La plateforme Ratio, proposée par Terre d’Entrepreneurs, fait notamment partie des solutions agréées évoquées pendant la présentation.
E-invoicing et E-reporting : quelle différence ?
La réforme repose sur deux mécanismes complémentaires :
E-invoicing
Il concerne les échanges entre entreprises françaises assujetties à la TVA (B2B domestique).
E-reporting
Il concerne les ventes aux particuliers (B2C) et certaines opérations internationales.
Ces deux dispositifs imposent des obligations différentes en matière de transmission des données.
Comment bien choisir sa plateforme agréée ?
Le choix de la plateforme sera stratégique pour les entreprises.
Plusieurs critères ont été mis en avant lors de la présentation :
- la compatibilité avec votre expert-comptable,
- la simplicité d’utilisation,
- la sécurité des données,
- la capacité à gérer votre activité spécifique,
- les conditions tarifaires.
L’un des conseils les plus importants donnés pendant cette matinale :
“Ne choisissez pas votre plateforme seul.”
Votre expert-comptable peut vous accompagner dans cette transition et même réaliser certaines démarches pour votre compte.
Les 4 étapes pour réussir sa transition
- Comprendre ses obligations
- Choisir les bons outils
- Former les équipes
- Tester avant le déploiement
Le principal risque aujourd’hui n’est pas seulement technique.
C’est surtout d’attendre trop longtemps.
Ce qu’il faut retenir
La facturation électronique n’est plus un sujet réservé aux grandes entreprises.
Toutes les structures devront progressivement adapter leurs outils et leurs habitudes de travail.
La bonne nouvelle, c’est qu’en étant bien accompagné et en anticipant dès maintenant, cette transition peut aussi devenir une opportunité :
- gain de temps,
- meilleur suivi des paiements,
- moins d’erreurs administratives,
- automatisation des échanges comptables.
Un grand merci à Frédéric Seillé et Marie Lelieu, nos experts comptables adhérents du Pévèle Business Club, pour leurs explications claires et accessibles lors de cette matinale du Pévèle Business Club.